Putain je saigne, c'est de la joie engluée. Je vais vénérer cet automne qui s'annonce presque radieu, succédant à un été malsain. La fraicheur dissimulée en fond d'air ferait croire à un bol d'air pur, c'est le moment de reprendre les choses en main. Les cartons à rustiques de chez Quick s'entassent dans ma chambre qui ne désemplie pas. Je suis contente de partir ne serait-ce que pour avoir le plaisir de finir la bouteille de jus de pomme. Sauf qu'il n'y a pas de soleil sans ombre et il y a des choses que je ne veux pas laisser. Je brûle les feux verts et j'ai mal aux dents quand je dors trop. J'ai la nostalgie qui s'approche et ne va pas tarder à s'emparer de moi de la même façon que le mal s'accroche à Spiderman. Je viens de réaliser que Jean Louis Aubert était méga sexy dans sa jeunesse - disons torse nu et dégoulinant de sueur, un peu comme une bète de scène, et que merde je suis blasée de sa vieillesse. Ô temps cruel, puisses-tu nous garder jeunes et beaux. Insouciants, surtout. A la télé j'ai vu huit cent rockeurs casser de l'émo et c'était follement cool. J'ai compris pourquoi je n'achetais pas de CD et j'ai peur de dormir. On me traite de blondasse et de fantôme en couverture. Je voudrais juste être jolie.


